Jusqu’en 2003, les producteurs audiovisuels produisaient principalement des films publicitaires, des films institutionnels et des magazines et émissions.

Sous l’impulsion des professionnels structurés autour de deux organisations : l’association tahitienne des professionnels de l’audiovisuel (ATPA) et le syndicat des producteurs audiovisuel de Polynésie française (SPAPF) et grâce à la création du festival international du film océanien (FIFO), qui dès sa première édition en 2003, a fait prendre conscience du faible développement et de l’insuffisance de structuration des industries et des métiers de l’audiovisuel en Polynésie française, le gouvernement a mis en place en 2007 l’Apac, aide à la production audiovisuelle locale, pour stimuler l’émergence et renforcer la capacité de production audiovisuelle locale. Les professionnels ont été associés à l’écriture des textes fondateurs.

Depuis la création de l’Apac en 2007, 10 commissions ont été organisées pour examiner 140 demandes d’aide. 92 projets ont été soutenus à hauteur de 261 450 000 Fcfp et auraient généré 3 milliards de Fcfp d’investissement. Sur la même période, 48% des projets aidés concernent des documentaires, 25% des oeuvres de fiction, 4% des oeuvres d’animation, 1% des clips vidéos et 22% des festivals. (Source : projet de loi soumis à l’APF en 2013.)

Par ailleurs, alors qu’aucun film local n’avait été primé au FIFO depuis sa création en 2003 ni dans aucun autre festival, plusieurs films soutenus par l’APAC et confrontés à un jury de professionnels internationaux ont été récompensés au Fifo (2008, 2009, 2010, 2012 et 2013), au festival mondial de l’image sous-marine d’Antibes et au festival du film insulaire de Groix.

A partir de 2009 les professionnels se sont rapprochés du SDIM pour travailler en étroite collaboration avec le service sur l’évolution des textes régissant l’APAC afin que ces derniers correspondent au mieux tant à leurs attentes qu’à celles du Pays en termes de professionnalisation et de retour sur investissement. A aujourd’hui les textes de l’APAC n’ont toujours pas été modifiés. La même année et toujours en collaboration avec le SDIM, les professionnels ont constitué et porté un dossier sur l’éligibilité des professionnels locaux aux aides du CNC, Centre National du Cinéma et de l’image animée.

Cette revendication a été entendue et a fait l’objet d’une convention entre le Pays et l’organisme national en mai 2013. Les producteurs polynésiens sont dorénavant éligibles à certaines aides du CNC, ces aides étant cumulables sous certaines conditions avec celles de l’APAC.

Aujourd’hui la production audiovisuelle contribue au développement économique de la Polynésie française en termes d’effet multiplicateur sur le chiffre d’affaires des sociétés et des petites entreprises indépendantes évoluant dans le secteur, par l’attraction de financements extérieurs (CNC, co production avec des sociétés de production étrangères, etc.) et par une plus grande exposition médiatique à moindre coût.

Grâce au dynamisme de la production audiovisuelle indépendante, la Polynésie en tant que destination bénéficie d’une exposition médiatique locale, nationale et internationale : Tntv, Polynésie 1ère mais aussi dans le Monde entier : Season, Planète Thalassa, Thalassa, TV5 Monde, France Ô, France 3, Discovery HD, ARD, RAI, NHK, SF DRS, VIASAT, High fidelyty, Tele Quebec , RTSI, TV3, Odisea, KBS, Al Jazeera, Teuve, YLE, etc. qu’il serait impossible de financer par les voies traditionnelles de promotion touristique.

En 2013, une délégation constituée de membres de l’Atpa et du Spapf était présente au Sunny side of the doc à la Rochelle, marché international du documentaire. Cette première présence collective, sous ombrelle océanienne partagée avec la Nouvelle-Calédonie, a été l’occasion de rencontrer les décideurs nationaux et internationaux du secteur documentaire (producteurs, diffuseurs, distributeurs) et de concrétiser, avec comme levier économique attractif l’APAC, le tournage de 8 projets localisés en Sunny side of the doc 2013. Délégation océaniennePolynésie française. Le coût de l’opération financée par les professionnels, soutenue par Air Tahiti nui (5% de l’opération), a été de 3 000 000 Fcfp et générera au moins 40 millions de francs CFP de dépenses locales liées à ces productions. Ce déplacement a par ailleurs été l’occasion d’une réunion de travail avec le CNC sur les modalités d’application de la convention permettant aux producteurs polynésiens d’accéder aux aides nationales.

Partie d’un à deux documentaires par an à diffusion essentiellement locale avant la création de l’APAC, la Polynésie française produit annuellement aujourd’hui une vingtaine de documentaires diffusés localement et sur des chaînes nationales et internationales.